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Mots (2010)

 
À chaque instant, avec des yeux nouveaux comme le vin, je vous lie.
 
Européenne, me dis-tu, mon p'tit nez doux comme la lune?
 
Pour me réveiller, je prends tout mon temps. Pour pouvoir les nommer, je laisserai pousser les ronces.
 
Ce n'est pas quand j'affiche mon beau grand sourire que je suis nécessairement la plus heureuse.
 
Nous revoilà main dans la main, c'est pour demain qu'on se tient, un fleuve dans le coeur.
 
Vous entrez dans une très grande forêt, là, tout au bout de la rue sans fin. vous y plongez tête première. C'est une forêt de sapins dense, bien cachée dans un coin de votre mémoire.
 
J'ai planté un arbre dans ta bouche, avec de grosses racines au dedans.
 
Je te taille, de dos, comme un bonsaï en pensée.
 
L'arbre. À la fois socle et pilier, il est secret de famille.
 
Elle t'offre un trèfle qu'elle te colle au nez, tel un clown, avec une abeille dans le coeur.
 
Assise à la table du café, on l'installe entre 2 garçons. L'un qui rit, l'autre qui pleure.
 
La montagne a mangé tes silences. la mer a grugé les falaises. J'ai tout vu.
 
La photo, on croit que c'est très facile, qu'il suffit de faire clic.
 
Lorsque tu m'as prise dans tes bras ce soir là, je voyais clair, je voyais la lumière.
 
Il pleut à la fenêtre jaune de ta tour bleue.
 
Je ne te regarde plus, mais cela ne te regarde pas.
 
Nous sommes montés au balcon, nous avons planté des fleurs sur nos têtes, nous avons ri, des p'tits violons entre les doigts…
 
Nous sommes domestiqués, soignés, soyeux, sauvages et kamikazes.
 
J'ai songé à la mort et elle m'a dit 'repose-toi, comme tu es jolie'.
 
Espérer la beauté du monde, comme le ferait une grand-mère.
 
Portrait de jeune fille à la fenêtre.
 
Les épinettes noires ont déployé leurs jupes, forêt contemplée vibrant les mondes invisibles.
 
Écouter le silence de l'autoroute qui souligne la levée du soir.
 
Écoute le chant limpide des oiseaux clair comme l'eau du ruisseau.
 
Nous sommes là, 2 vases, et de l'eau.
 
Célébrons l'arbre nu.
 
J'ai pleuré ton absence sur les routes de mon enfance. Aujourd'hui je la pleure sur celles de ma conscience.
 
Non je ne sais pas ce que c'est que l'amour. Oui je sais le sais — alors ou est-il donc passé.
 
Aidez-moi donc un peu à arrêter le temps, à le fixer en images, pour retenir un peu son élan dans sa fuite impitoyable…
 
La solitude de la neige n'est pas celle de l'averse, plus douce, elle ressasse des flocons qui pâlissent sur les plis de mon corps âgé.
 
Ses beaux yeux l'empêchent de voir.
 
Là où je suis le mieux : délaissée dans un vieux négatif photo aux couleurs ternes.
 
C'est au terme d'un voyage que le pré nous envahit.
 
Avec une langue de mouche, avec une langue de mouche, je te touche.
 
Une image n'a pas d'oreille, a un nez un peu plat, ne parle ni ne siffle, il ne lui reste que des yeux.
 
Je brode ma joie dans toutes ces fenêtres, mon fil.
 
Parfois, je rabats la tristesse sur mon visage, comme un volet au coeur de la page.
 
Tu roules, mon bijou. Passé, je te ramasse.
 
Je ne t'aimerai plus jamais, ok, mon amour?
 
Je n'ai même plus le courage de me taire.
 
La vérité, c'est que j'ai besoin de tout, sauf de toi.
 
À la source du verbe, le soleil brille haut haut dans le ciel. Alors, pourquoi grelotte-t-il tant aujourd'hui, ô astre puissant des ténèbres?
 
Pour chaque arbre, il y a une fenêtre.
 
C'est un tableau de Jean-Paul Lemieux, en plein hiver. Tu es la femme au regard enneigé, perdue au milieu du tableau.
 
J'aime ton petit air sournois quand il joue avec moi.
 
Nous sommes montés au balcon, nous avons plantés des fleurs sur nos têtes, nous avons ri, des p'tits violons sur les doigts…
 
Tu m'as assommée avec ton regard tout-puissant de loup gris des steppes…
 
Bleue bleue bleue, il m'arrose avec du feu.
 
Ta voix
pleure dans mon corps
et tout mon corps pleure
ta voix.